Développement économique

Avant d’étudier un ou des projets je crois qu’il faut que nous nous mettions d’accord sur ce que nous entendons par développement économique et ensuite que nous fassions deux choses :

  • Un état de la situation actuelle des Arcs
  • Une consultation des élus sur leur politique économique : quelle est leur capacité à maintenir l’emploi (y compris les emplois liés au commerce) et quelle est leur capacité à attirer des entreprises.

La montée des préoccupations concernant l’environnement , les idées force concernant le développement durable nous obligent à modifier nos conceptions traditionnelles concernant l’aménagement du territoire local. En particulier le développement durable concerne maintenant les entreprises et nous devons examiner la prise en compte des innovations technologiques et des progrès (tout en exigeant que le progrès fasse des progrès dans la direction de l’économie de service et vers toujours plus d’humanité)

Il convient d’attirer des entreprises créatrices de richesses et d’emplois. (en harmonie donc avec la conception du développement durable et de l’écologie)

Il convient de travailler notre image positive de bourg viticole et de mettre en avant nos atouts (de les mettre en évidence d’abord)

Nous ne pourrons faire l’économie de penser aux infrastructures , aux moyens de communication, au logement.

Il faudra constamment chercher un équilibre entre compétitivité et cohésion : c’est dans ces domaines que le CCD pourra apporter une aide positive aux élus qui sont les décideurs.

Enfin il conviendra d’avoir aussi une vision , une approche territoriale par bassin. (peut-être réfléchir sur la LOADDT qui peut encore nous apporter des pistes intéressantes) LOADDT : ou Loi Voynet Loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire.

Pourquoi ai-je choisi de participer à la réflexion de la commission développement économique ?

J’aurais pu , compte tenu de mes engagements personnels au sein de l’association Nature Patrimoine et Paysages des Arcs qui prône la protection de l’environnement naturel de proximité et l’environnement patrimonial du village, choisir de participer plutôt à la commission développement durable. Il est d’ailleurs évident que les deux commissions citées devraient œuvrer ensemble plutôt que séparément (même si des réunions communes sont possibles : c’est le débat inter réactif qui est à privilégier.)

J’ai choisi la commission développement économique car je souhaite que les deux grands objectifs ciblés : le développement de la richesse et la prise en compte de l’emploi soient constamment accompagnés de deux notions que je trouve particulièrement importantes. Ces deux notions sont :

  • La notion d’économie de service en opposition à l’économie de marché.
  • La notion de compensation

L’économie de service et l’économie de marché

Il faut développer l’économie de marché mais pas n’importe comment et surtout pas au détriment de la notion de service.

Par exemple la forêt peut être source de richesses : on exploite son bois etc…

La forêt nous apporte aussi, par sa seule présence, de l’oxygène et participe fortement à l’élimination du CO2.

Il est peut-être utile de rappeler qu’au cours de la photo synthèse les feuilles captent la lumière du soleil. Elles absorbent aussi de l’eau par leurs racines et le gaz carbonique de l’air (CO2 ).Elles se servent de l’énergie du soleil pour changer l’eau et le dioxyde de carbone en glucose, tout en rejetant de l’oxygène. Le glucose quitte ensuite la feuille et est transporté dans tout le végétal pour le nourrir. Le gaz carbonique entre dans les feuilles d’une plante par des pores microscopiques (les stomates). Le jour ces pores sont complètement ouverts et permettent à l’eau de s’évaporer rapidement. Cette perte d’eau crée une force de succion qui aide à faire monter des racines davantage de sève. L’eau circule à travers la tige et le long des nervures des feuilles.

Ainsi il faut préserver la forêt, préserver les végétaux existants dans les zones urbaines. Il faut aménager des espaces verts (la ville de Lyon a ainsi « reconstruit » une forêt aux portes de la ville en plantant 21000 arbres !)Veiller à ne pas détruire les végétaux (et la faune dans le même temps) en faisant des traitements inconsidérés et néfastes. Il faut , par exemple quand des arbres existent, comme sur la ZAC des Bréguières les laisser et ne pas hypocritement avancer que l’on compense en plantant de jeunes végétaux (ce qui est bien mais respectons le bon sens « ce que tout homme normal peut penser » comme le disait Colbert à propos des plantations des pépinières royales)

Il est prévu de planter des végétaux sur la ZAC des Bréguières : bien mais pourquoi avant détruire les chênes centenaires qui y existent, la glycine jumelle de celle de la gare, la ripisylve du ruisseau le vallon ?

Lorsque l’hyper U a été présenté à NPPA, monsieur Benhamou a promis de respecter les berges du Réal, promis de planter des végétaux de bonne dimension, promis d’exiger de l’entreprise qui entretiendra les espaces verts de ne pas utiliser de produits tels que pesticides et autres produits nocifs, promis aussi de réfléchir à une compensation. Cela sera sans doute, peutêtre fait. Cela sera si nous sommes vigilants et conscients de ce que doit être la compensation.

De même pour la ZAC des Bréguières soyons vigilants et ne nous contentons pas de ce qui est dit (« c’est ficelé, on ne peut plus intervenir ») et de ce qui est avancé : « la ZAC est en HQE (Haute qualité environnementale) »

La notion de compensation et les mécanismes de la compensation

D’abord qu’est-ce que la HQE, Haute qualité Environnementale ? : c’est une démarche qui vise à maîtriser les impacts d’une opération de construction ou de réhabilitation sur l’environnement.

14 exigences environnementales (cibles) viennent définir cette démarche. Elles portent sur le respect et la protection de l’environnement extérieur, ainsi que la création d’un environnement intérieur satisfaisant, confortable et sain.

Ces cibles sont les suivantes :

  1. relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat
  2. choix intégré des procédés et produits de construction
  3. chantiers à faible nuisance (déchets, bruits, pollution)
  4. gestion de l’énergie
  5. gestion de l’eau
  6. gestion des déchets d’activité
  7. gestion de l’entretien et de la maintenance
  8. confort hygrothermique
  9. confort acoustique
  10. confort visuel
  11. confort olfactif
  12. conditions sanitaires des espaces
  13. qualité de l’air
  14. qualité de l’eau

Pensez à ce que vous avez vu sur la vidéo, à ce que l’on vous a dit, en regard de ces cibles.

Remarque : la HQE fait l’objet de critiques, de la part notamment de certains architectes qui l’estiment trop facile à obtenir : il suffit de valider quelques uns des critères et pas nécessairement les plus essentiels pour être certifié !

Mécanismes de compensation pour la conservation de la diversité biologique : le fondement du mécanisme de compensation est le « gain net » ou la non-perte globale. Cela signifie que toute perte de diversité biologique dans un écosystème ou habitat donné doit être compensée au moins de manière équivalente sur un autre site.

Il convient certes avant d’engager une compensation, de d’abord éviter le dommage et ensuite de réduire l’impact.

Les mesures de compensation interviennent alors pour le seul dommage dit résiduel ou pour un dommage accepté pour des raisons d’intérêt général.

Ces dommages résiduels sont difficiles à évaluer, en général il faut se contenter de ce qu’en disent les acteurs privés ou les maîtres d’ouvrages qui restent volontiers dans le vague. Quand une étude est faite, que la HQE est certifiée ils en restent souvent là. Certaines compensations ou même des objectifs acceptés (de mettre des végétaux par exemple) ne sont réalisés – quand ils le sont- que beaucoup de temps après.

Les collectivités ne montrent pas toujours l’exemple pour l’exécution d’actions ou pour leur maintenance (Aux Arcs les bandes en friche longeant la RN7 et qui devraient être aménagées par la CAD en sont un exemple)

Alors, pourquoi s’en faire ? Espérons que l’action de pression des associations portera ses fruits et que le CCD aura sinon le pouvoir de décider, celui de convaincre ou de persuader.

Pourquoi compenser ? On estime qu’il ne faudrait pas « émettre » plus de 1800kg de C02 par an et par personne (nourriture, chauffage, déplacements , déchets et consommation compris)

Ce que l’on fait produit du CO2 (un km en avion par exemple représente 150g de CO2 : les utilisateurs de Falcon ou de jets privés le savent-ils ?)

Le premier projet de compensation date de 1989 : aux États Unis une centrale au charbon devait être construite par une société (Applied Energy Services). Elle fut approuvée à condition que 50 millions d’arbres soient plantés… au Guatémala.25 ans après cette initiative, déjà contestable, est un désastre : le recours à la monoculture d’arbres par ailleurs non spécifiques à la région perturba l’écosystème et chassa la population qui y vivait.

Donc une compensation après évaluation des dommages, mais une compensation réfléchie.

La compensation doit s’inscrire dans une logique de neutralité carbone. Une réalisation doit toujours être accompagnée d’une séquestration d’une quantité de CO2 équivalent dans un autre lieu.

Ici, comment compenser la ZAC des Bréguières et l’hyper U ? Les entrepreneurs ont déjà proposé des actions. Sont-elles suffisantes ? Sont-elles efficaces ? Ne sont-elles pas masquées (ZAC des Bréguières :on détruit par exemple 100 arbres, on construit, on plante 100 arbres bouveaux= y-a-t-il eu compensation ? Mathématiquement parlant non.

L’ADEME a défini des critères de compensation (l’additionnalité, la permanence, les réductions quantifiables, absence de fuites)(voir ces critères en annexe à ce texte)

Remarques :

  • Ce qui a été formulé à Kyoto au sujet de la compensation carbone : cette compensation prolonge le principe de droit à polluer. Elle peut être appliquée dans un autre endroit que le site industriel.
  • La compensation carbone telle qu’elle est présentée entraîne des objections :
    • un arbre va effectivement fixer du C02 mais il finira tôt ou tard par brûler ou se décomposer et alors il restituera du carbone actif. (il faudrait entretenir les forêts, revenir à des exploitations raisonnées taille/replantation, réfléchir à la filière bois et surtout à l’utilisation intensive du bois à brûler qui est contestable si elle est intensive)
    • le cycle du carbone est complexe : il existe en fait deux cycles, celui de la vie (cycle de vie actif) et celui qui est enfoui, fossile (cycle passif). Le pétrole et le charbon ont été piégés et leur libération toute récente dans l’atmosphère (un siècle face à des millions d’années) est irréversible. Cela ne reviendra pas dans le stock inerte , sauf à attendre des millions d’années…
  • La compensation ne remplace pas la mitigation (la réduction de nos propres émissions) elle est simplement complémentaire et nécessaire.

Eliane Dissard